insécuritéRodolphe THOMAS se pose la question quant au maintien des Conseils Locaux de la Sécurité et de Prévention de la Délinquance (CLSPD)

 

Les propos tenus par le Ministre Christian ESTROSI sont choquants et irresponsables. Face au défi de l’insécurité, il est aujourd’hui indispensable de créer un front commun.

 

Nous n’arriverons pas à garantir à tous les Français le même droit à la sécurité en stigmatisant les Maires, en les menaçant d’amendes au même titre que des petits délinquants.

 

Pourquoi vouloir sanctionner certains maires pour leur manque d’engagement en matière de sécurité alors que depuis des années ils sont obligés de créer ou renforcer leur police municipale pour pallier à la baisse d’effectifs de la Police nationale ?

Les promesses du candidat Sarkozy, à l’origine « du nettoyage dans les quartiers » en 2007,  sont bien loin car aujourd’hui  le constat est simple : là ou l’Etat se désengage la situation ne fait que se dégrader.

Alors vouloir nous imposer des caméras de vidéo surveillance pour diminuer une nouvelle fois les effectifs de la police nationale, c’est prendre vraiment les élus locaux pour des imbéciles.

Je serais notamment curieux de comparer l’évolution des effectifs de la Police Nationale dans ma ville d’Hérouville Saint Clair à celle de NICE, qui a pour maire Christian ESTROSI.

Par ailleurs, concernant les problèmes d’insécurité, nous constatons dans nos communes que les responsabilités sont souvent partagées. L’Etat avec une justice trop lente et une éducation nationale peu réactive vis-à-vis des élèves déscolarisés, les Conseils généraux dans le suivi social des familles et les Régions avec des formations trop souvent inadaptées pour les jeunes.

Nous sommes de nombreux Maires à avoir créé sur leur territoire des Conseils Locaux de la Sécurité et de Prévention de la Délinquance (CLSPD), concepts innovants pour anticiper les phénomènes de violence que rencontrent les habitants dans les quartiers. Les CLSPD censés traiter les problèmes au plus près du terrain avec les différents acteurs, services sociaux, police nationale, municipale, préfecture, sont devenus, au fil des mois, faute de moyens, de véritables chambres d’enregistrement des doléances.

Si nous ne constatons pas d’améliorations significatives, nous devrons nous poser la question du maintien des CLSPD de nos villes, car il n’est plus question de se réunir pour constater une fois de plus  la baisse des effectifs de la Police nationale et l’impuissance des pouvoirs publics.

J’appelle tous les Maires à se poser cette question.

 

Rodolphe THOMAS

Maire d’Hérouville Saint-Clair

Conseiller général du Calvados

Membre du bureau national du MoDEM