document réalisé par la commission environnement du MoDem Calvados

Le sujet du nucléaire est l'objet de débats passionnels et de discours de l'ordre de la croyance. L'objectif de ce document est de regrouper un certain nombre de chiffres clefs du nucléaire pour former une base de réflexion.

Les données chiffrées concernent les points suivants :

  • Proportion du nucléaire dans l'énergie totale en France

  • Proportion du nucléaire dans l'énergie électrique en France

  • Ressource en combustible pour centrale nucléaire

  • Production de combustible nucléaire

  • Coût renouvellement des centrales

  • Coût de production

  • Production de gaz à effet de serre par la filière électricité nucléaire



 

La France est le deuxième producteur d'énergie nucléaire au monde derrière les Etats-Unis. En 2004, 450 TWh ont été produits à partir du nucléaire en France. (TWh : terawatt.heure, un milliard de kWh)



  • Proportion du nucléaire dans l'énergie totale en France :

En 2004, le nucléaire représentait 41% du mix énergétique de la France.

Répartition dans le mix énergétique en France en 2004



  • Proportion du nucléaire dans l'énergie électrique en France :

Le nucléaire représente 78% de l'énergie électrique produite en France.



  • Ressource en combustible pour centrale nucléaire :

« Le monde dispose aujourd'hui d'un total de 4,75 millions de tonnes d'uranium de ressources identifiées (réserves et gisements découverts et évalués)», de quoi alimenter pendant plus de 70 ans un parc de réacteurs de la taille du parc actuel [2,3].



  • Coût renouvellement des centrales:

En Grande-Bretagne coût officiel 69 milliards d'euros (61 milliards de livres [4]). En France (installation 5 fois plus importante) le coût sur la même base pourrait être estimé à 345 milliards d'euros [5].



  • Coût de production:

EDF estime le coût de production du parc entre 46 et 48 euros par megawatt-heure (MWh) [6]. La prise en compte du renouvellement du parc monte les estimations à 54 ou 60 euros par MWh suivant les analystes. La prise en compte du déclassement des installations nucléaires et la gestion à long terme du stockage des déchets ne sont pas clairement explicités.



source

charbon à 150 $ la tonne

nucléaire

gaz à 8 $ la MBTU

hydraulique

éolien

pétrole à 80 $ le baril

photovoltaïque

prix/ MWh

39 €

40 €

50 €

60 €

83 €

96 €

550 €

coût du mégawatt-heure suivant le mode de production (source [7])



Que représente le coût du combustible uranium dans le coût de production de l'énergie nucléaire ? Sur la base d'un rendement de 33 000 MWj/t (mégawatt par jour par tonne, avec un combustible séjournant 3 ans dans le réacteur soit 867 TWh/t), en considérant le prix de l'uranium en décembre 2006 (80 $/lbU3O8 soit 213 $/kg d'uranium soit 213 000 $ la tonne d'uranium), on arrive à une production de 4 071 MWh/$ soit 0,024 $/MWh , c'est-à-dire 2,4 cents de dollars de combustible nucléaire pour produire un mégawatt.heure (un millier de kilowatt.heure).



  • Production de combustible nucléaire :

En 2007, [2, 3] la consommation d'uranium n'était couverte qu'à hauteur de 50 à 60% par la production minière. Le complément étant constitué d'uranium issu des armes nucléaires démantelées ou de stocks accumulés. Cette insuffisance de la production n'est pas sans rapport avec l'augmentation du cours de l'uranium ces cinq dernières années. Tant que l'offre ne correspondra pas à la demande le prix de l'uranium restera élevé avec potentiellement un risque de pénurie d'ici 2020 [8]. Le nucléaire dans la situation de production actuelle, et étant donnés les investissements nécessaires pour augmenter l'exploitation minière, ne pourra pas participer au doublement annoncé de la production d'électricité dans le monde d'ici à 2050.

évolution du cours de l'uranium ces dernières années [3]



  • Production de gaz à effet de serre par la filière électricité nucléaire :

Dans le tableau ci-dessous sont compilés des données issues de différentes sources concernant la production de gaz à effet de serre par les différents modes de production d'électricité. Ces études sont issues de différents pays et s'appliquent aux filières des pays concernés. La production de gaz à effet de serre (en g/kWh) prend en compte les émissions liées à la construction, à l'entretien et au démantèlement des centrales de façon plus ou moins poussée suivant le pays source de l'étude. Quoi qu'il en soit, quelle que soit l'étude, le rejet de CO2 des centrales nucléaires est nettement plus faible que celui des autres centrales à combustibles (gaz, charbon, fioul) et également inférieur à celui de la production photovoltaïque. La comparaison avec l'éolien dépend de l'étude (du pays source) et de la prise en compte plus ou moins complète du cycle de l'uranium (extraction, enrichissement) et du déclassement des installations nucléaires.




nucléaire

éolien

photovoltaïque

hydraulique

biomasse

gaz

charbon

fioul

Belgique (source académique [9])

7

9-25

60

8-15

55-540

400

850

-

France (Ademe [10])

7,34

7,34-36,7

-

3,67


367-477

734-1028

587-734

Allemagne (IER Stuttgart, académique [11])

19,7

6,46

53,3

-


362

815

935

Australie (source académique [12])

60-65

21

106

15


577-751

863-1175

-

Royaume-uni (British Energy [13])

5,05








Tableau comparatif de l'émission de CO2 par les différents modes de production d'électricité (en g/kWh)



  • Autonomie énergétique:

La France reste dépendante des importations de combustibles pour sa consommation énergétique globale (pétrole, gaz, charbon) [14]. La facture de ces importations est de plus en plus élevée comme l'illustre le graphique ci-dessous. Si la France est exportatrice nette d'électricité depuis 1981, il n'en reste pas moins que la production d'énergie nucléaire par les centrales actuelles dépend de l'importation de minerai d'uranium.



source [14]

Références :

[1] Observatoire de l'Energie, Energies et Matières premiers, La situation énergétique en France, mai 2007

[2] R. Vance, Uranium 2005: resources, production and demand, Natural ressources Canada 2005

[3] CEA, Que savons-nous des ressources mondiales d'uranium ?, clefs CEA n°55, été 2007

www.cea.fr/content/download/4853/28969/file/clefs55_p017_022_Capus.pdf

[4] National Audit Office, The nuclear decommissioning authority, Taking forward decommissioning, HC 238, 30 janvier 2008

[5] http://www.sortirdunucleaire.org/actualites/dossiers/energie/flop-economique.pdf

[6] T.M., Le coût du nucléaire, un sujet qui fait débat, Les échos, p 21 23/03/2009

[7] D. Heuer, L'électricité dans la politique énergétique mondiale, production, transport, stockage, consommation, Cycle Zénatti – 16 octobre 2008

[8] J. Olive, J-J. Engel, L'uranium naturel : des ressources abondantes, mais à quel prix ?, Revue des Ingénieurs, Janvier/Février 2003

[9] K. R. Voorspools, E. A. Brouwers, W. D. D'Haeseleer, émissions indirectes des gaz à effet de serre des centrales « à émission zéro », EIWP00-09.pdf Université Catholique de Louvain

[10] ADEME, Bilan Carbone, Calcul des facteurs d'émissions et sources bibliographiques utilisées (version 3.0), Mission Interministérielle de l'Effet de Serre, avril 2005

http://www.uclouvain.be/cps/ucl/doc/geo/documents/Bilan-carbone-ADEME.pdf

[11] W. Krewitt et all, ExternE – Externalities of Energy. National Implementation in Germany, IER Stuttgart, 1998

[12] ISA, The University of Sidney, Life-Cycle Energy and Greenhouse Gas Emissions of Nuclear Power in Australia, étude pour le premier ministre Australien, novembre 2006

[13] British Energy, Environmental Product Declaration of Electricity from Torness Nuclear Power Station, Technical report, may 2005

[14] http://www.industrie.gouv.fr/energie/statisti/pdf/facture-2006.pdf