Le maire d'Hérouville, Rodolphe Thomas (deuxième en partant de la gauche) et les élus veulent limiter l'impact des antennes relais.
 
La municipalité va appliquer un principe de précaution à l'égard des ondes émises par les antennes relais. Première mesure : supprimer le Wi-Fi dans les écoles primaires.
Précaution. « Les ondes électromagnétiques ont des effets sur les systèmes nerveux et immunitaires. Elles peuvent causer des troubles du comportement et du sommeil. Elles sont aussi à l'origine de risques de leucémie infantile et de tumeurs cérébrales. » S'inspirant de l'étude « Bioinitiative » menée par un collectif international de quatorze scientifiques en 2007, les élus d'Hérouville-Saint-Clair s'inquiètent de la nocivité de ces ondes. Même si aucun cas de ce genre n'a encore été détecté à Hérouville, les élus préfèrent appliquer un principe de précaution vis-à-vis des antennes relais.

Des dizaines d'antennes. Avec les nouvelles technologies, ces ondes sont partout : GSM et 3G pour la téléphonie mobile et Wi-Fi et Wimax pour Internet. À Hérouville-Saint-Clair, ville de l'agglomération caennaise, plusieurs dizaines d'antennes relais entourent les habitants.

Très chères antennes. Installer une antenne relais sur un toit d'immeuble a un coût : 100 000 €. Ensuite, les opérateurs doivent payer la location de cet espace de l'ordre de 1 500 à 2 500 € par mois. Pour limiter leurs dépenses, les opérateurs restreignent le nombre d'antennes relais. Et augmentent l'émission des ondes.

Mesurer la nocivité. La municipalité vient d'adhérer à Robin des toits et à la Criirem, deux associations luttant pour la sécurité sanitaire des populations exposées aux nouvelles technologies de télécommunications sans fil. Pour casser le système « pernicieux » où l'émetteur d'ondes est aussi le contrôleur, la mairie a demandé à ces deux structures indépendantes de faire des mesures sur la ville.

Normes d'exposition. « La norme d'exposition recommandée est de 0,6 V/m (volt par mètre). En France, la norme maximale autorisée est de 41 V/m », explique Philippe Le Boulanger, directeur du service informatique. Si la nocivité des ondes devenait trop élevée, la Ville « n'hésitera pas à aller devant les tribunaux pour obliger les opérateurs à retirer leurs antennes », affirme le maire.

Suppression de la Wi-Fi dans les écoles. Les plus jeunes étant les plus exposés aux ondes, la Ville va supprimer le système Wi-Fi de ses douze écoles primaires. Cette technologie, qui permet d'accéder à Internet sans fil, va être remplacée par l'ADSL fournie par la fibre optique. Malgré cette précaution, les enfants resteront exposés aux ondes. Car le Wi-Fi est partout et les antennes relais peuvent émettre à des centaines de mètres.

Campagne d'information. La mairie va distribuer une plaquette de conseils pour les usagers : éviter de mettre son téléphone dans la poche de son pantalon, bien choisir son téléphone portable, kit main libre. « Il ne s'agit pas d'affoler mais de sensibiliser » conclut Laurent Mata, maire adjoint chargé du développement durable.

Émilie CHASSEVANT - Ouest-France du mardi 28 avril 2009
 
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Reportage de Citizen TV : Les antennes relais inquiètent les riverains à Caen

 
 
 
Dessin de Chanu