Dans le cadre de la RGPP (Révision Générale de Politiques Publiques), le Ministère de la Santé, de la  jeunesse, des Sports et de la vie associative, arbitrairement et respectant une simple logique comptable, a annoncé la fermeture de l’INJEP (Institut de la jeunesse et de l’éducation populaire) et de la moitié des CREPS (centres d’éducation populaire et de sport)
En fermant l'INJEP, outil incontournable au service des politiques de jeunesse et des acteurs de la jeunesse et de l’éducation populaire depuis 1945, cette décision gouvernementale remet en cause l'avenir même du secteur associatif que l'établissement accompagnait :

  • par des actions de reconnaissance du secteur associatif dans sa diversité (1 million d'association)
  • par l'encouragement à l'activité bénévole, (13 millions de bénévoles)
  • par le soutien à l'emploi associatif (8% de l’emploi en France)

De la même manière, la fermeture des CREPS amorce une rupture affichée jusqu'en 2008, d'accompagner la politique budgétaire précédemment engagée d’externalisation de certaines de leurs activités logistiques, de soutiens aux actions de modernisation de leur gestion et de travaux de maintenance.


Ce changement de cap dommageable pour le sport amateur dans son ensemble :

  • privera nombre de fédérations sportives de sites d’entraînement et de formation dont l’efficacité et les performances ne sont plus à démontrer,
  • empêchera des milliers de jeunes d’accéder à des formations de proximité aux métiers du sport, hors du cadre universitaire, qui ont depuis de nombreuses années démontrées leur capacité à créer des emplois durables.
  • affaiblira de façon irrémédiable un dispositif d’accès au haut niveau, responsable de la détection, de l’entraînement et de la formation des jeunes sportifs les plus prometteurs dans chaque discipline, et qui contribue à faire briller les couleurs de notre pays dans de nombreuses compétitions internationales (les derniers championnats d’Europe de Natation de décembre 2008 en sont une parfaite illustration).
  • marquera un peu plus le désengagement de l’Etat, le transfert vers les collectivités territoriales et la privatisation de la formation ou de certaines pratiques sportives, (avec une participation de 3 milliards, incluant le fonctionnement de l’EPS interne à l’éducation nationale, l’Etat ne représente que le dixième de l’économie du sport et moins que ce qu’il encaisse en recettes fiscales liées à la TVA de cette même économie et au 9 Milliards alloués par les collectivités territoriales).


Le Mouvement Démocrate, attaché à la place du sport et de la vie associative, comme vecteur de valeurs humanistes, de lien social et d'emploi, s'insurge contre cette décision préparée sans aucune concertation avec les parlementaires, les élus, les instances de ces établissements et le mouvement sportif, apporte son soutien à l’ensemble des personnels et des usagers des établissements concernés et demande au Premier Ministre de sursoir à cette décision.


Par ailleurs, si le ministère des sports ou secrétariat d’Etat a jusqu’ici conduit la politique sportive du pays, tant sur le plan législatif que sur celui des objectifs à atteindre, pratiquement sans partage, cette situation démontre s'il en était besoin, qu'il est grand temps que le gouvernement entame un véritable dialogue avec ses différents partenaires (CNOSF, Fédérations, Collectivités territoriales, Entreprises) pour définir une nouvelle gouvernance du Sport Français.