La réforme des retraites voulue par le Président de la République a engendré une situation de blocage et de tension dont le pire est à craindre.

 

La jeunesse est depuis deux semaines pleinement partie prenante des manifestations. Les risques de dérapages sont nombreux et la situation ne semble pas propice à l’optimisme. L’Assemblée Générale des étudiants sur le Campus 1 de l’Université de Caen a certes voté le déblocage du campus. Néanmoins, des casseurs ont fait la loi devant le Phénix hier après midi, dégradant voirie, Tramway et matériel éducatif, devant l’impuissance de sa Présidente, Josette Travert, l’élue de gauche prise en tenaille entre ses convictions politiques et ses responsabilités.

Nous condamnons bien évidemment ces agissements et demandons, une nouvelle fois, à Mme Travert d’assurer la sécurité et la bonne tenue des cours au sein de son Université.

Cette réforme est néanmoins l’occasion pour la jeunesse d’exprimer de multiples inquiétudes qui sont liées à son avenir.

Ainsi, la retraite leur semble encore plus incertaine que pour leurs aînés, mais ils pensent avant d’y arriver à leurs futurs emplois. Cette réforme est vécue par eux comme une potentielle cause supplémentaire de raréfaction de l’emploi et donc de précarisation de leur vie par un départ plus tardif des actifs d’aujourd’hui.

La jeunesse exprime ses craintes légitimes. Elle est en demande d’écoute, de projets à plus long terme et de justice sociale (pénibilité, longueur des études, travail des femmes…).

À travers ces revendications, ils mettent en lumière l’une des grandes carences du projet gouvernemental : l’absence d’un projet économique et d’une politique de l’emploi. Toute réforme sur les retraites n’est crédible que si les prévisions de croissance et d’emploi se réalisent. Or, dans ce domaine la réforme proposée actuellement en reste à de simples incantations.

Face à la volonté de passage en force du gouvernement, les partis de gauche et les socialistes en tête n’ont pas su répondre que par le conflit. Ce qui les a amenés à appeler la jeunesse dans la rue et caricaturer leurs propres propositions. L’instrumentalisation et la récupération politique des plus jeunes est donc une tentation à laquelle certains semblent avoir succombé. C’est un jeu très dangereux et irresponsable, personne ne pouvant prétendre maitriser une jeunesse en colère et en plein doute. Une jeunesse qui n’a besoin de personne pour faire ses choix.

Les Jeunes Démocrates considèrent qu’en Démocratie, les mouvements politiques ne sont pas là pour prôner le pouvoir de la rue mais au contraire permettre les sorties de crises et être force de proposition.

Nous considérons que seul le dialogue, le consensus, la transparence et la voix des urnes permettent de mener à bien une réforme d’une telle ampleur.

De même que nous condamnons le Gouvernement pour sa gestion de la réforme, nous condamnons également toutes tentatives d’instrumentalisation de la jeunesse en jouant sur sa colère et ses peurs.

Nous appelons les responsables politiques de tous bords à faire preuve de responsabilité, de tempérance, de dialogue et de calme.

Il est grand temps que la droite et la gauche cessent de diviser notre pays et notre peuple afin de permettre une large union nationale pour affronter les redoutables défis de notre génération ! L’avenir est trop important pour qu’on le laisse être joué à la roulette russe !

C’est depuis le départ la position des Jeunes Démocrates qui ont été et demeureront une force de proposition avec, entre autres actions, l’initiative www.retraites2050.fr.

Nos propositions et notre vision sont les suivantes :

·         Ne plus raisonner de manière binaire vie active / retraite mais imaginer une période de transition avec, au choix, une diminution du temps de travail, un aménagement sous forme de tutorat auprès des plus jeunes, etc.

·         Instituer un régime de retraite par points avec l'introduction de comptes notionnels sur l'ensemble de la carrière en alignant les droits des secteurs publics et privés. Cela permettrait à chacun de choisir son âge de départ à la retraite en intégrant les périodes d'études, de formation et de stages ainsi que la pénibilité du travail ;

·         Remettre à plat l’intégralité des régimes spéciaux et les aligner de manière à respecter la justice sociale. À ce titre, les élus se doivent d’être exemplaire en renonçant à leur régime spécial ;

·         Agir contre le chômage des jeunes et des séniors, notamment en développant le système d’apprentissage et en supprimant la défiscalisation des heures supplémentaires ;

·         Mener, dès la réforme des retraites votée, une grande réforme fiscale : Les niches fiscales doivent être nettoyées, le paquet fiscal aboli, etc. ; On doit entre autre évaluer les exonérations de charges sociales dont bénéficient un grand nombre d'entreprises afin de connaître leur efficacité économique.

·         Travailler sur le développement du bien-être au travail afin de permettre à chacun de faire une carrière complète tout en lui permettant de s'épanouir.

 

Nous espérons ainsi le triomphe de la raison sur les passions partisanes. Le temps de 2012 viendra suffisamment vite et avec lui l’expression d’une génération déterminée.