Rodolphe Thomas, maire (Modem) d’Hérouville-Saint-Clair, vice-président de Caen-la-Mer en charge de l’Emploi, la Formation et l’Insertion professionnelle et vice-président de la Région Normandie chargé de la Politique de la ville.

Hérouville Saint-Clair - Entretien - Rentrée scolaire, sécurité, grands chantiers, législatives 2022… Rodolphe Thomas, maire de la 2e ville du Calvados, fait le point sur les dossiers qui occupent sa rentrée.

Comment s’est passée cette rentrée scolaire 2021 ?

Les écoles hérouvillaises comptent aujourd’hui 1 800 élèves.

 

La rentrée n’a pas été simple à Montmorency avec la fermeture d’une classe à l’école élémentaire.

Nous avons toujours le projet de reconstruire cette école d’ici les trois prochaines années. Le bémol, c’est l’équipe pédagogique : il y a trop d’arrêts maladies depuis cinq à six ans. Ça crée une instabilité. Il faut que l’Éducation nationale prenne ses responsabilités. Cette école doit être attractive pour que les parents ne mettent pas leurs enfants ailleurs, notamment dans le privé.

 

Il y a un an, vous alertiez sur la progression de la délinquance à Hérouville. Où en est-on aujourd’hui ?

On essaie de ne rien lâcher. La situation est fragile avec une augmentation de la délinquance juvénile que l’on essaie d’enrayer. D’ici la fin de l’année, nous aurons installé 35 points de vidéoprotection sur une partie d’Hérouville. Nous avons quatorze policiers municipaux et nous prévoyons d’agrandir le poste de police municipale.

 

Vous dites souvent vous sentir seul face au problème. C’est toujours le cas ?

La période Covid a été compliquée pour agir fortement, mais on a maintenant une bonne collaboration avec la police nationale, avec le nouveau DDSP (Directeur départemental de la sécurité publique, le commissaire Olivier Le Gouestre arrivé en mars 2020). On arrive à enrayer ces phénomènes même si c’est fragile. On est confronté aussi à des personnes extérieures à Hérouville qui viennent dealer. Après, je ne suis pas dans le déni, mais on n’est pas dans le 9-3.

 

Déplorez-vous toujours le manque de policiers nationaux à Hérouville ?

Ce poste de la police nationale n’est pas ce qu’il devrait être pour une ville comme Hérouville, qui fait tout ce qu’elle peut de son côté. On me dit qu’il y aura des investissements, mais cela ne règle pas l’organisation de ce poste qui devrait être ouvert tard le soir. Il est vrai qu’il y a, depuis deux ans, une meilleure réactivité, mais il reste encore à faire.

 

Comment tentez-vous d’enrayer cette délinquance ?

Avec de la présence des policiers, de la prévention. On a mis en place une politique de rappel à l’ordre depuis fin 2020, lorsque des familles se comportent de manière inadmissible avec le voisinage ou lorsque des jeunes commencent à entrer dans la délinquance. Avec la procureure de la République, le DDSP, on montre la volonté de la municipalité à ne rien lâcher. Il y a eu des expulsions locatives.

 

Combien ?

Trois ou quatre depuis un an. Pour le rappel à l’ordre, le maire envoie dans un premier temps un courrier validé par la procureure de la République. On est d’abord sur de la prévention, de l’alerte. On rappelle les droits et les devoirs. Si ça ne marche pas, on judiciarise la procédure. On ne peut pas laisser l’anarchie s’installer dans certains immeubles.

Propos recueillis par Élodie DARDENNE.

Edition du 23/09/2021