Maison d'arrêt de Caen FermetureAlors que nous apprenons, en plein cœur de l’été, la décision de fermeture de la maison d’arrêt de Caen en 2017 et son possible transfert dans le département de la Manche, nous ne pouvons que nous étonner de la faible mobilisation et implication de nos parlementaires Bas-Normands.

Certes, nul ne peut contester l’urgence pour l’Etat d’intervenir en faveur de la Maison d’arrêt de Caen où les conditions de détention sont, depuis fort longtemps, indignes et contraires au respect des Droits de l’homme.

 

Si la reconstruction de cet établissement pénitentiaire est la seule solution, nous ne pouvons l’accepter qu’à la seule condition que celui-ci reste dans l’agglomération caennaise. De plus, l’annonce de la Chancellerie diffusée lundi soir, qui s’inscrit dans  le cadre d’un plan national de construction de nouveaux établissements pénitentiaires, n’a pas reçu l’approbation des personnels de cette administration. Elle est ainsi dénoncée par les syndicats, faute de concertation avec les acteurs locaux et les élus, une preuve supplémentaire de l’illégitime opacité entretenue par le ministère de la Justice.

Si au motif de la rationalisation des crédits publics – au mépris, soit dit en passant de la réforme de la carte judiciaire votée par ce même Gouvernement !- il advenait que cette Maison d’arrêt soit transférée dans la Manche, les conséquences seraient désastreuses, non seulement pour les familles des détenus mais aussi pour celles des personnels qui auraient à déménager. C’est également toute une organisation juridique et judiciaire qui serait compromise avec des professionnels dont les Avocats et ceux de la Police nationale qui auraient à passer plus de temps sur la route que dans les dossiers et/ou sur le terrain, dans les quartiers.

Dès aujourd’hui, il faut tous nous mobiliser et parler d’une seule et même voix : parlementaires, élus locaux et acteurs du monde pénitentiaire et de la justice en région. Nous devons demander audience auprès de Madame la ministre de la Justice, Michèle ALLIOT-MARIE, et lui présenter une proposition alternative et cohérente dans l’agglomération caennaise.


Rodolphe THOMAS
Maire d’Hérouville Saint-Clair
Conseiller général du Calvados