François Bayrou et Jean-Louis Borloo (MoDem et UDI)Le président de l'UDI et son homologue du MoDem ont mis fin, hier, à une brouille qui durait depuis onze ans. Les deux centristes ont scellé leur union en créant L'Alternative.

Les deux hommes s'étaient séparés il y a onze ans, en 2002, lors de la création de l'UMP. François Bayrou et Jean-Louis Borloo se sont retrouvés, hier, pour officialiser le rapprochement de leurs formations au sein d'une coalition intitulée : « UDI-MoDem, l'Alternative ».

Le président de l'UDI a été le premier à prendre la parole. « Le chômage de masse, les problèmes de toute nature, exigeaient qu'une offre politique nouvelle, une véritable alternative politique, économique et sociale soit présentée aux Français », a déclaré Jean-Louis Borloo.

Les anciens frères ennemis du centrisme ont décidé de jeter la rancune à la rivière. « Ce n'est pas pour nous que nous faisons cela, a indiqué François Bayrou. Nous le faisons parce que le désarroi et la désaffection parmi les Français sont si grands que, désormais, c'est l'essentiel qui est en jeu. Nous avons choisi de faire une oeuvre de construction en commençant par une réconciliation. »

Dans la charte d'union qu'ils ont élaborées, Borloo et Bayrou précisent qu'ils feront des listes communes « à toutes les élections nationales, régionales et européennes ». Le candidat à l'élection présidentielle sera désigné par une « procédure démocratique » dont les modalités restent à préciser.

L'Alternative s'inscrit dans l'opposition à la majorité socialiste et s'arrime à l'UMP. « L'alliance avec le PS et les appareils de la coalition au pouvoir est impossible, précise la charte. En ce qu'elle respecte les valeurs humanistes, la droite républicaine est naturellement notre partenaire politique. » L'Alternative se dit aussi ouverte aux « sensibilités écologistes et sociales-démocrates ».

Ce mariage ne fait pas que des heureux. À l'UDI, tous n'ont pas pardonné à François Bayrou son ralliement à François Hollande en 2012, d'autant que le MoDem est associé avec le PS dans certaines villes, comme à Dijon, à Lille ou à Marseille. François Sauvadet, député, a boudé la cérémonie, estimant que le président du MoDem n'avait pas « levé toutes les ambiguïtés » et qu'il devait encore donner des gages de sa « sincérité ».