Zenith Ouest-FranceLes bâtiments du Zénith appartiennent à la Ville, et la Sem en est l'exploitant.

Depuis 1993, un contrat de bail suffit pour exploiter la salle du Zénith, propriété de la Ville. Philippe Lailler (MoDem) a critiqué ce mode de gestion. La Ville prépare une délégation de service public.
Entre concerts, tournois de tennis, concours de bestiaux et meetings politiques, le Zénith fait partie de la vie caennaise depuis 1993. Les bâtiments du Zénith appartiennent à la Ville de Caen, qui l'a financé.

Son exploitation a été confiée en juin 1993 à la société d'économie mixte du Zénith, société paramunicipale mais de droit privé. On voit mal les strictes règles de la comptabilité publique cohabiter avec les caprices des vedettes du showbiz. Une situation qui n'empêche pas la Sem d'être bénéficiaire 19 années sur 20.

Les relations entre la Ville, propriétaire, et la Sem, exploitant, sont régies par un contrat de bail : la Sem verse un loyer pour occupation du domaine public. S'y ajoute un intéressement sur les recettes. Depuis sa création, la Sem, qui fait son affaire de la programmation, est dirigée par l'incontesté Serge Langeois. Après ses premières armes au cabaret le Virgule, il avait assuré la gestion de la salle municipale Georges-Brassens.

Pas d'appel d'offres

En juin dernier, le contrat de bail, qui avait été signé pour 20 ans, a été renouvelé pour quatre ans. Une décision prise en solo par le maire Philippe Duron. Loyer prévu : 211 873 €. Cette partie fixe est, selon la mairie, de 65 000 € à Limoges, 100 000 € à Saint-Etienne, ou 115 000 € à Amiens.

Vigoureux opposant extra municipal, Philippe Lailler (MoDem) ne l'entend pas ainsi. Il a formulé un recours gracieux auprès de la mairie. « Le maire a pris seul cette décision le 4 juin alors qu'elle aurait dû être soumise au conseil municipal », estime Philippe Lailler. Second motif : l'attribution de l'exploitation du Zénith aurait dû faire l'objet de publicité et de mise en concurrence pour une gestion sous forme délégation de service public (DSP). Ce mode d'exploitation a été le plus fréquemment retenu pour les autres Zéniths de France.

Réponse de la mairie : la convention ne prévoit aucune clause relevant de l'exécution d'un service public. « Compte tenu de l'intérêt que présente l'activité déployée par la Sem du Zénith sur le domaine public de Caen et en prévision des Jeux équestres mondiaux de 2014, il a été décidé d'autoriser la Sem à occuper cet équipement pour une durée de quatre ans », ajoute la mairie.

Le délai du recours gracieux de Philippe Lailler a expiré le 4 octobre. Passé cette date, il pouvait engager un procès devant le tribunal administratif. Dans un communiqué publié hier soir, la mairie rappelle que « la Ville et le Zénith ont signé une autorisation d'occupation temporaire pour quatre ans, le temps que la Ville prépare une délégation de service publique (DSP). Afin de renforcer la sécurité juridique des liens unissant la Ville au Zénith, nous négocions un avenant à cette convention de manière à permettre à la Ville de préparer dans des délais plus courts la procédure nécessaire à la conclusion d'une DSP, qui devrait aboutir dans un délai de 18 mois. »

Jean-Pierre BEUVE.