Rodolphe Thomas Hérouville-Saint-ClairRodolphe Thomas, maire MoDem d'Hérouville-Saint-Clair depuis 2001.

Rodolphe Thomas se remet de son échec aux législatives et se projette en 2014. Avec un pied dans deux villes : Hérouville où il est « pour l'instant » candidat à sa succession, et Caen où il veut « peser »...


Entretien

Vous venez d'essuyer un revers lors des dernières législatives. Serez-vous candidat à Hérouville aux municipales de 2014 ?

J'ai pris cette défaite avec discernement. J'étais quand même dans l'une des circonscriptions les plus dures de France ! Depuis dix ans, je me bats pour ma ville et mes convictions. Les réponses que la population attend me dictent d'aller de l'avant. Aujourd'hui, je suis candidat aux élections municipales à Hérouville en 2014.

Vous dites « aujourd'hui », « pour l'instant »... Pourquoi de telles précautions oratoires ?

J'estime que si nous voulons changer ce qui se passe dans l'agglo, il faut que l'ensemble des partis de centre-droit s'unissent pour apporter des réponses. Il ne faut pas partir en ordre dispersé. J'ai été de tous les combats politiques ; je veux peser sur le choix du candidat qui se présentera à Caen.

Vous n'êtes pas sûr d'être candidat à Hérouville ?

Il reste beaucoup à faire à Hérouville et j'y serai sûrement candidat. Mais les municipales, c'est un rendez-vous déterminant aussi pour la gouvernance de l'agglo. Mon positionnement sera moins équivoque au fil du temps...

Sonia de la Provôté est déjà candidate à Caen. Que pensez-vous de sa candidature ?

C'est une élue qui a toute sa place dans le jeu politique. Elle est incontournable. Mais il n'y a pas qu'elle. Je pense à Joël Bruneau, Philippe Lailler et d'autres qui peuvent émerger. Il faut s'entendre tous ensemble sur qui mènera cette liste.

Vous faites beaucoup de mystère...

Cela devrait se clarifier au premier semestre 2013. Caen est une terre centriste. Si l'on est unis, il est possible d'y remporter les élections, j'en suis convaincu. L'une de mes grandes fiertés, c'est de croiser des Caennais qui me demandent : « Quand est-ce que vous vous présentez à Caen ? » Je suis attaché à Hérouville mais je ne veux pas qu'on décide à ma place.

Le rapprochement des centres au travers de l'Union des démocrates et des indépendants (UDI) est-il une réponse pour vous, y compris localement ?

C'est ce qu'attendent les centristes : on a trop vu les dégâts de la désunion depuis deux ans. Si on se rassemble derrière Jean-Louis Borloo, Hervé Morin, François Bayrou et avec un projet de société, si on détermine ce qu'est la famille centriste et qu'on s'attache à la reconstruire, on peut l'emporter.

Vous parlez là d'un centre droit. Fini le « ni droite ni gauche » ?

On gagnera en mettant les egos de côté. Au vu de ce que subissent les Français, les clivages semblent secondaires. Rester sur ses fondamentaux idéologiques serait une erreur. J'ai un idéal : c'est que l'on puisse rassembler celles et ceux qui peuvent définir une stratégie de sortie de la crise. Les autres postures ne sont pas une réponse.

Aurélie LEMAÎTRE.
Journal Ouest-France du mardi 2 octobre 2012
Edition : Caen