Etat d'urgenceIl est le premier à détailler, dans un livre publié hier, les efforts qu'il préconise pour redresser la France. À neuf mois de la présidentielle, les postulants partent au combat la plume à la main.

Agrégé de lettres, François Bayrou connaît le poids des mots. Son précédent livre, Abus de pouvoir, très anti-Sarkozy, a été l'essai politique le plus vendu, en 2009. Plutôt discret depuis le début de l'été, le président du MoDem prend les devants en étant le premier à sortir son opus de campagne, en librairie depuis hier. Le titre est tout aussi alarmiste : 2012. État d'urgence (Plon, 158 pages, 15 €). Mais le ton n'est plus à la polémique.

François Bayrou a pris des accents gaulliens pour appeler à l'indispensable effort de redressement. « C'est une guerre que nous avons à livrer », écrit-il. Une guerre « contre nos propres faiblesses » qui ont placé la France « dans la situation même où se trouvaient il y a à peine quelques mois la Grèce, le Portugal, l'Espagne, l'Irlande ».

Le leader centriste recense « deux questions d'urgence nationale ». La première : produire en France. « Retrouver la production, dont nous avons perdu des pans entiers, pour reconquérir l'emploi et pour équilibrer nos comptes. » Et la seconde : « Rendre à la France la meilleure éducation du monde. »

L'ancien candidat de 2007 ne dit pas, dans ce livre, s'il le sera de nouveau en 2012. Mais ses intentions ne font guère de doute. « Faudra-t-il être candidat à l'élection présidentielle ?, s'est-il interrogé, mercredi, sur TF1. Oui, je crois qu'il le faudra. »