Photo : « Avec les élèves, nous cherchions un ministre pouvant répondre sur l'égalité des chances, expliquent Patrice Lalevée et Thomas Dubosq, professeurs. François Bayrou était invité à « Des paroles et des actes ». Nous y sommes allés. » À la fin de l'émission, les élèves lui ont demandé s'il acceptait de les rencontrer à Paris. « Il a proposé de venir nous voir à Douvres ! »

L'ancien ministre a répondu, hier, aux questions des élèves sur l'égalité des chances scolaires. La rencontre était organisée dans le cadre des Journées de sciences humaines et sociales.


Reportage

11 h 45, mercredi. Dans l'auditorium du lycée cours Notre-Dame de Douvres-la-Délivrande, c'est l'effervescence. Élèves et professeurs discutent allègrement. Au centre, assis à une table avec micro, François Bayrou, ancien ministre de l'Éducation nationale (1993 à 1997), chef de file du MoDem et maire de Pau depuis 2014.

Depuis 10 h 10, il répond aux questions des élèves de 1re économique et social. Une rencontre organisée sur le thème de l'égalité des chances, dans le cadre des trois Journées de sciences humaines et sociales, organisées par le lycée. La première série de questions est liée à sa jeunesse.

Après quelques minutes de pause, la salle se rassoit. François Bayrou suggère, puisqu'un problème technique empêche la retransmission dans une autre salle, que les élèves qui le souhaitent « viennent nous rejoindre ».

L'interview est axée sur l'égalité des chances. Mais aussi sur le parcours de François Bayrou comme enseignant puis comme ministre de l'Éducation nationale. Il explique à quel point il a aimé enseigner et précise qu'il a inventé des méthodes pédagogiques pour que les élèves comprennent vraiment : « On peut apprendre dix fois plus vite si on comprend ce que l'on apprend. »

Les lycéens lui ont ensuite demandé ce qu'il avait retenu de son mandat de ministre. Il détaille les mesures qu'il a prises comme le stage obligatoire en 3e, la semestrisation à l'université « pour permettre les échanges Erasmus, l'appellation des filières ES, L, etc. J'ai aussi remis le latin et le grec en 5e et les langues vivantes en primaire. »

L'égalité des chances

Pour François Bayrou, l'égalité des chances, « c'est hisser les élèves vers le haut et non pas faire du nivellement par le bas. Si tous ont un niveau faible, ceux qui réussiront sont ceux qui ont des parents avec des relations. À mon époque, mes copains étaient fils d'ouvriers. Ils ont tous réussi à entrer à l'université. »

Les élèves l'ont interrogé sur les résultats du rapport Pisa 2013 qui classe la France championne des inégalités scolaires. « Faut-il suivre un autre modèle ? » « Non, a-t-il répondu. La première clé de l'égalité des chances, c'est la maîtrise de la langue. Or nous sommes passés de douze heures de français à six. »

Selon lui, « l'ascenseur social est en panne ». Il regrette également que le latin disparaisse des matières enseignées : « Il permet de comprendre la racine des mots d'aujourd'hui. »

Deuxième pause. Les lycéens se rapprochent de l'ancien ministre, prennent des photos avec lui. L'homme public sait y faire. Il s'exerce même au selfie. Les élèves sourient, le courant passe. La salle se rassoit pour la dernière partie liée à l'actualité.

13 h 30. Clap de fin. La salle se lève. François Bayrou prend le temps de discuter et part manger avec l'équipe de direction à la cantine du lycée hôtelier Notre-Dame-de-Nazareth.

 

 

 

Nathalie TRAVADON.