François Bayrou : « On peut au moins se mettre d'accord sur une chose, il n'y a d'agriculture harmonieuse que dans un marché organisé ».
Le président du MoDem était vendredi matin à Aube, près de L'Aigle. Pour écouter, comprendre, soutenir. Et affirmer qu'il n'y a pas d'espoir sans une production organisée.
Toute la garde rapprochée du MoDem était à la mairie d'Aube pour accueillir François Bayrou, hier matin. Stéphane Thérou, le président départemental, Jean Sellier, le conseiller général, Thierry Pinot, maire de L'Aigle, Rodolphe Thomas, maire d'Hérouville... Et bien sûr Jean-Marie Vercruysse, le maire de la commune. C'est dans son exploitation que tout le monde s'est retrouvé pour parler du prix du lait avec des représentants de toutes les organisations syndicales, une condition imposée par François Bayrou.

« Je ne suis pas là par hasard, j'ai été producteur laitier quand j'ai repris l'exploitation familiale après la mort de mon père, je suis très solidaire de la profession », a affirmé d'emblée le ténor du MoDem. « On a de plus en plus de monde derrière nous, ça nous donne du courage », a témoigné Hubert Genissel, producteur laitier à Neuville-près-Sées. Le lait ? « Il part à la fosse », a lâché dépité Pascal Poirier, producteur à Belfonds, membre de l'Organisation des producteurs de lait de la Coordination rurale.

 

Au bord des larmes

« Le lait, c'est mon truc, c'est ma vie et ouvrir les vannes, j'avoue que ce n'est pas possible. Je n'ai jamais vu autant de paysans au bord des larmes », a confié Valéry Toutain, de la FDSEA, installé à Écorcei. Monique Taupin, productrice de lait bio à L'Aigle, représentante de la Confédération paysanne, a observé qu'une agriculture à taille humaine était incompatible avec les décisions prises à Bruxelles.

Ancien député européen, François Bayrou a défendu l'institution, « Jamais une décision n'est prise à Bruxelles sans l'avis de la France ». Les producteurs ont voulu savoir quelle était l'image de leur mouvement à Paris. « Le monde politique a été sensible très longtemps à l'agriculture, il ne l'est plus parce que le monde rural a moins de poids électoralement et parce que les politiques n'envisagent l'avenir que d'un point de vue économique général », a répondu l'ancien candidat à l'élection présidentielle de 2007.

« L'erreur à ne pas faire en haut lieu serait de vouloir nous opposer », a insisté Jean-Marie Vercruysse. Soudés au sein de l'Association des producteurs de lait indépendants (Apli), les professionnels ont le sentiment, avec la portée européenne de la mobilisation, de vivre à la fois un moment historique et de jouer leur dernière chance.

 

Arnaud TOUCHARD.
Ouest-France