Rencontre du maire à Hérouville-Saint-Clair.

Rodolphe Thomas, maire d’Hérouville-Saint-Clair nous reçoit avec plusieurs élus dans son bureau. Il explique le tissu social de sa ville, ville nouvelle des années 1970, et parle du tissu ouvrier et industriel. Il évoque les industries et principaux employeurs de l’agglomération caennaise qui ont dû mettre la clé sous la porte, dont l’usine Moulinex.

Puis s'attarde sur Renault Trucks, qui continue à fournir de l’emploi : « Renault Trucks, que nous avons réussi à garder face à Gand, c’est une fierté, un combat gagné, car nous avons essayé de moderniser l’appareil de production. Et Caen a été choisi face au site de production belge. Par rapport aux risques d’embrasement que vous évoquez, je voulais souligner, que nous avons dit deux semaines avant le début des bonnets rouges dans une réunion du conseil municipal que le problème pour les entreprises même caennaise pourrait venir de l’écotaxe, comme étant la goutte d’eau de trop. »

Jean demande pourquoi M le Maire d’Hérouville-Saint-Clair ne se présente pas à la mairie de Caen. Sont évoqués l’enracinement très fort du maire à la nouvelle ville, son père commerçant. Jean le pousse vers Caen, «mais voyons, tu es le seul espoir connu sur la région caennaise ». Tous rigolent, Rodolphe également, mais Monsieur le Maire marque son attachement à sa commune.

Plusieurs questions sont posées sur la démarche de Jean : « allez-vous vers les gens ? Est-ce que les gens vous reconnaissent ? » Jean y répond, tranquillement: « Il y en 6 sur 10 qui savent qui je suis, les autres se demandent qui je suis. Il n’y en a d’ailleurs pas un qui se demande ce que je fous là. »

M. Le Maire : « Et comment a réagi votre famille ? »

Jean : « Vous savez, difficilement, mais bon, ils savent de quoi je suis capable. Lorsque je suis parti au Japon, en Californie et que j’avais fait ma grève de la faim pour la défense d’une usine, ils l’ont compris. Là, c’est plus difficile, ma femme ne voit pas la finalité. »

Jean explique comment il s’est décidé à partir et comment il s’est « blindé pendant l’hiver ».

Monsieur le Maire fait un parallèle fort intéressant sur le film « Forrest Gump » : ce personnage qui a un moment se met à courir, personne ne sait pourquoi il court, mais plusieurs le rejoignent, progressivement, et lorsque tu ne t’y attends pas, tu te retournes, et tu vois alors que tu es suivis. » C’est un peu de cela que revêt la Marche de Jean selon Rodolphe. Jean apprécie le parallèle.

Ils évoquent les personnes qui viennent voir Jean. Jean répond: « Je me suis compliqué un peu la tâche, car j’évite de publier trop à l’avance mes étapes. Il est très difficile d’expliquer pourquoi je fais ce que je fais, or je suis convaincu qu’il est minuit moins cinq, que l’isolement, l’absence de perspective, le racisme, cela ronge le lien social. »

Monsieur le Maire : « Les politiques, soit l’élu local, est en phase avec son électorat, le député, avec sa circonscription. Or ce que tu fais, cela te permet de voir et de comprendre la diversité des Frances. Cela te permet de voir la France non pas comme on nous la dépeint, mais comme elle est vraiment. Tu es l’un des seuls politiques à avoir une telle imprégnation de la diversité du territoire, des territoires, des Frances. »

Jean : « C’est très juste, en 5 à 10km, le paysage et les gens changent du tout au tout, et à pieds, tu le ressens bien plus qu’en voiture. En voiture tu ne vois rien. »

A la demande du maire, Jean explique comment il a créé l’APMM ( Association des peuples des montagnes du monde) , puis nous prenons congé du maire en remerciant tous les élus et le personnel de la mairie présents.