Cantine, garderie, commerce, élections régionales... Le maire et conseiller départemental fait un tour d'horizon de l'actualité hérouvillaise et normande.


Entretien avec Rodolphe Thomas, maire et conseiller départemental.

Mis à part quelques bancs publics incendiés mi-août, comment s'est passé l'été ?

Oui, il y a un ou deux excités qui n'ont pas encore été attrapés mais l'enquête se poursuit. La saison s'est globalement bien passée avec de nombreuses actions mises en place pour les jeunes et les adultes qui ne partent pas en vacances.

Votre équipe de la majorité a été largement remaniée. Comment ça va, au bout de 18 mois ?

 

C'était important de renouveler cette équipe. Après la mise en route, c'est maintenant une équipe qui est sur le terrain, à travailler, souvent dans l'urgence sur l'emploi, le logement, la sécurité.

Je leur demande de trouver des réponses en fonction des publics et de nos moyens. Quant à la méthode, je préfère avoir des personnalités affirmées que des gens qui suivent.

L'augmentation des tarifs de cantine et de garderie, c'était obligatoire ?

Il faut être clair. Pour la cantine et la garderie, c'est un choix mûrement réfléchi, en fonction des contraintes budgétaires. Depuis quatorze ans, nous n'avons pas augmenté les taux d'imposition. Nous avions réussi à garantir la gratuité pour les faibles revenus et des tarifs bas pour les autres.

On a été obligés d'ajuster ces tarifs car les denrées alimentaires augmentent et surtout en raison du surcoût provoqué par les nouveaux rythmes scolaires. Ils n'étaient pas prévus dans le budget de la Ville. Pour certains, cette augmentation est difficile et ce n'est pas de gaieté de coeur que nous l'avons décidée mais la collectivité risquait d'être en danger.

Comment se porte le centre commercial du Val-Saint-Clair ?

Certains secteurs fonctionnent quand d'autres ont subi les conséquences de stratégies nationales. Le Val-Saint-Clair était une bonne idée il y a dix ans quand on ne parlait pas encore de Mondevillage, d'Inter Ikea, du projet Leclerc à Blainville...

Aujourd'hui, c'est vrai que la situation est assez difficile mais l'explication est simple. On a laissé s'installer un tel foisonnement de mètres carrés commerciaux dans l'agglomération qu'au bout du compte, on va créer des friches commerciales.

Tout ça est dû à la loi de modernisation économique de Sarkozy qui a tout dérégulé. Il faut un moratoire et une charte de l'urbanisme commercial pour stopper cette hémorragie.

À chaque élection, on vous sent dans les starting-blocks. Hérouville est trop petit pour vous ?

A ceux qui parlent de moi comme d'un cumulard, je demande ce qu'ils ont fait pour les Bas-Normands. Mon engagement politique a toujours été d'être un facilitateur pour trouver des réponses à des situations précises. Quand, dans notre région, on connaît un chômage important et des problèmes de formation, je me dois de soutenir les Hérouvillais et les autres qui en subissent les conséquences. Les Régionales, c'est un défi que je me lance et on me jugera dans cinq ans.

Quand je vois le président de la Haute-Normandie mettre des bâtons dans les roues du festival Beauregard avec des concerts gratuits, quand je vois la Basse-Normandie inféodée à la Haute, je ne peux pas l'accepter.

Pourquoi alors vous être représenté en 2015 au conseil départemental que vous allez devoir quitter si vous êtes à la Région ?

C'était pour défendre les Hérouvillais. Mais, aujourd'hui, Sylviane Le Poittevin fait très bien son boulot.

On vous reverra sur la ligne de départ des législatives de 2017 ?

Non, je n'ai pas la bougeotte. J'ai gagné une fois, j'ai perdu deux fois. Il y aura déjà beaucoup à faire localement et dans la grande région.

Sébastien BRÊTEAU.

Journal Ouest-France du mardi 8 septembre 2015
Edition : Caen