Laurent Mata et Rodolphe ThomasDerrière l’image idyllique qui nous a été présentée hier soir lors du débat d’orientation 2014, se cache une réalité bien plus inquiétante, préoccupante même.

Sans remettre en cause le travail important des services, Philippe Duron nous a présenté une fausse image de la situation financière réelle de l’agglomération.

Son objectif de limitation de la progression des dépenses et d’étalement des investissements est louable, mais hélas, c’est aussi une nécessité pour équilibrer le budget de 2014. Pire encore, cela ne suffira pas à améliorer la prospective financière de Caen la mer.


Comme pour toutes les collectivités, nos marges de manœuvres se réduisent, à tel point que l’épargne nette présentée dans ce DOB est négative. Je ne doute pas que l’équilibre règlementaire sera tenu, mais cela ne change pas mon point de vue sur les graves difficultés qui se présentent à nous. Ce n’est pas tenable.

L’Etude présentée par le Cabinet Ressources Consultants Finances à l’automne à parfaitement décrit la trajectoire abyssale dans laquelle nous conduisent ces choix.

Ce sont essentiellement les investissements démesurés, réalisés ou à venir, qui nous conduisent dans le mur. La dette a progressé de  100  millions d’euros entre 2008 et aujourd’hui et l’annuité est multipliée par 4 pour atteindre plus de 10 millions d’euros en 2014. Et ce n’est pas fini, ce n’est que le début, la liste des Autorisations de Programme de notre agglomération nous annonce encore 176 millions d’euros d’investissements nets pour lesquels nous devront encore emprunter.

Alors qu’il nous avait été présenté moins de 250 millions d’euros d’autorisation de programme en 2010, c’est aujourd’hui 422 millions d’euros qui nous sont soumis. A combien serons-nous lors du vote du budget dans quelques semaines ? J’ai bien peur que notre agglomération court à la faillite...

A la lecture de ce DOB, je m’aperçois qu’aucun des quatre leviers envisagés par le Cabinet n’est esquissé dans le document. Je regrette d’ailleurs que la synthèse de ce document n’y ait pas été annexée.

Pourtant ces mesures sont urgentes et le redressement doit s’amorcer dès 2014.

  • Quelles sont les orientations pour les exercices futures ?
  • Quand devra-t-on augmenter les impôts ?
  • Quand les communes verront-elles leurs dotations d’agglomération  se réduire comme peau de chagrin ?
  • Quand seront faits les véritables choix sur les investissements prioritaires ?

En l’absence de prospective, aucune réponse n’a été apportée à ces questions qui sont pourtant essentielles et qui ont toute leur place dans un Débat d’Orientation Budgétaire.

Avec ce DOB, Philippe Duron masque la réalité et cache la vérité à nos concitoyens, c’est fort regrettable.


Laurent MATA
Premier-adjoint Mairie d’Hérouville Saint-Clair