Carte Trains à grande vitesse France NormandieTransports : l'État confirme la liaison SNCF rapide

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Dominique Bussereau, le secrétaire d'Etat aux Transports confirme dans une lettre reçue en début de semaine par Laurent Beauvais, président PS de la région Basse-Normandie, les annonces faites par Nicolas Sarkozy au sujet de la desserte ferroviaire à grande vitesse, lors de son dernier déplacement au Havre. Le 16 juillet dernier, le chef de l'Etat s'était fermement engagé sur le très sensible dossier de la desserte ferroviaire d'une Normandie, trop laissée à l'écart des projets de grande vitesse.

Débat public en 2011

Dans sa lettre, Dominique Bussereau fait part de son souhait « qu'un débat public, tel que prévu par la loi pour un investissement national de cette importance, puisse être organisé dès 2011. Un comité de pilotage aura pour mission de veiller, en liaison avec les collectivités concernées, à la bonne préparation de ce débat public » ajoute le secrétaire d'Etat aux Transports, qui a confié la présidence de ce comité de pilotage au conseiller d'Etat Jean-Pierre Duport.


Effet Grand Paris

« Il convient d'imaginer un transport rapide, un TGV qui reliera Paris au Havre par Mantes et Rouen en une heure et quart et qui profitera également aux deux régions Normandie. Cette liaison à grande vitesse sera l'un des axes majeurs du Grand Paris. Nous l'ajouterons donc au programme d'investissement ferroviaire du Grenelle de l'Environnement. Je ne suis pas comme les présidents de la République qui inaugurent 25 ans après ce que leurs prédécesseurs ont mis 25 ans à décider » avait déclaré Nicolas Sarkozy, en ponctuant d'un coup de griffe sa détermination à avancer sur ce dossier, qui empoisonne depuis 20 ans le développement économique régional.
Et le coup d'accélérateur présidentiel se voit bel et bien confirmé par des engagements précis du gouvernement.

Une ligne nouvelle

« Concernant notamment les axes Cherbourg-Caen-Paris et Le Havre-Rouen-Paris, seul un projet de ligne nouvelle de grande ampleur, reliée à la gare Saint-Lazare et réservée aux trains normands directs permettra une augmentation substantielle de la desserte de cet axe, actuellement contrainte par la limite de capacité de la ligne. La ligne nouvelle entre Mantes et Nanterre constituera l'amorce de ce projet » précise Dominique Bussereau dans la lettre de mission qu'il a adressée à Jean-Pierre Duport. La création de cette nouvelle ligne - qui permettra aux trains rapides de s'extraire du trafic banlieue très dense dans l'ouest parisien - avait déjà été annoncée par le secrétaire d'Etat lors d'un déplacement à Caen, le 6 avril dernier. Cette décision stratégique que le président PS de Haute-Normandie, Alain Le Vern, appelait de ses vœux depuis plusieurs années s'était trouvée brutalement balayée par les déclarations de Nicolas Sarkozy le 29 avril. Les présidents Le Vern et Beauvais craignaient alors l'hypothèse d'un tracé grande vitesse par le nord - défendu par le maire UMP du Havre, Antoine Rufenacht - « qui serait venu geler tous les efforts d'amélioration des liaisons vers Paris » selon le président haut-normand.

Soulagé ou agacé

Déjà, au soir du 16 juillet, les deux présidents ne cachaient pas leur soulagement. Laurent Beauvais fait désormais état de « sa satisfaction » et assure qu'il participera activement au débat public. Ce que n'a pu faire Alain Le Vern. Hier soir, son directeur de cabinet a confirmé n'avoir rien reçu du ministre Bussereau. Ce qui peut expliquer le silence un brin agacé du président de Haute-Normandie, en vacances dans les Alpes.


Christophe Preteux