Philippe Lailler (MoDem) propose qu'un sondage auprès des Caennais désigne le chef de file de la droite et du centre pour les municipales. > Agrandir l'image

La droite caennaise reste un désert surpeuplé. Joël Bruneau (UMP), 49 ans, conseiller régional ; Sonia de La Provôté (UDI), 44 ans, médecin, conseiller général et Philippe Lailler (MoDem), 52 ans, phamacien : ils sont trois à revendiquer le poste de chef de file pour les élections municipales de mars prochain face au sortant PS, Philippe Duron, 65 ans, élu maire en 2008.

Aucun des membres du trio ne se distingue des deux autres. Et il n'y a pas dans le département de patron politique à droite pour imposer un chef de file unique à Caen. Lors de sa première tentative de peser sur la politique départementale, Jean-Léonce Dupont, président UDI du conseil général, a épaulé le maire de Bayeux aux législatives de 2012. Résultat : l'élection d'une députée Verte.

Pour tenter de sortir de l'impasse caennaise, Philippe Lailler propose un sondage. « MoDem et UDI se sont rencontrés dans le bureau de Jean-Léonce Dupont qui avait à ses côtés Sonia de La Provôté. Moi-même, j'étais accompagné du maire MoDem d'Hérouville, Rodolphe Thomas », indique Philippe Lailler.

Pour départager les trois prétendants à une liste unique de la droite et du centre, le candidat MoDem a proposé un sondage co financé par UMP, UDI et MoDem et qui déterminera l'attribution des postes : la mairie à celui qui arrive en tête du sondage, l'agglomération au second et le poste de premier adjoint au troisième. « Je propose cette solution alors que j'ai toutes les chances d'arriver troisième, souligne Philippe Lailler. Nous sommes complémentaires : Joël Bruneau, le technicien ; la bonne image de Sonia de La Provôté et moi qui suis un battant. Joël Bruneau ne peut gagner sans nous. Et réciproquement. »

Quelle sera la réaction de l'UMP à cette proposition ? Nous avons en vain tenté hier de joindre Jean-Léonce Dupont et Joël Bruneau. Le recours au sondage est-il la meilleure solution : aux municipales de 2001, cette solution avait départagé la gaulliste Brigitte Le Brethon du centriste Luc Duncombe, qui s'était « contenté » de l'agglo. Par la suite, tous deux n'ont cessé de se déchirer...

Enfin, réunir droite et centre au forceps sur la base d'un sondage constitue-t-il pour les électeurs le meilleur symbole de l'union ?

Jean-Pierre BEUVE

Journal Ouest-France du mercredi 9 octobre 2013
Edition : Caen