"Une seule voix de majorité, après tant de marchandages, de menaces, de promesses et de battage, cela prouve en réalité que les parlementaires n'étaient pas convaincus, même lorsqu'ils étaient du bord du gouvernement, par cette réforme", a déclaré lundi soir François Bayrou. "Plusieurs dizaines d'entre eux ont voté oui alors qu'ils pensaient non". "Tout le monde voit bien qu'une réforme des institutions ne devrait pas se faire ainsi, tirée par les cheveux et camp contre camp", selon lui. "Une réforme de la constitution devrait rassembler les grands courants démocratiques du pays et tenir compte de leurs attentes", a-t-il préconisé. "On s'apercevra très vite que ce nouveau texte de la constitution ne change rien du fonctionnement déséquilibré de nos institutions et au contraire qu'il y a, à moyen terme, de nombreux risques de blocage. Par exemple le jour où le Sénat et le gouvernement ne seront plus du même bord, on verra naître des difficultés", a poursuivi M. Bayrou. "Au fond, le résultat révèle l'absence de soutien pour cette réforme", a-t-il conclu.

François Bayrou a expliqué ce matin pourquoi il ne voterait pas la réforme des institutions, conformément à ce qu'il avait annoncé. Par ailleurs, il a vivement commenté la décision du tribunal arbitral qui a condamné le Crédit Lyonnais à verser 285 millions d'euros à Bernard Tapie dans le dossier Adidas. Après avoir développé les motifs de son indignation, il a demandé qu'une commission d'enquête parlementaire soit mise en place pour savoir quel a été l'enchainement des faits qui a conduit la justice a être "remplacée" par des "arbitres".

François Bayrou, proche de Bronislaw Geremek, a déclaré dimanche que "la mort accidentelle de ce grand homme, cette figure unique est un arrachement pour tous les démocrates en Europe. Geremek, que nous appelions Bronek, était un acteur de premier plan du combat de la Pologne contre le totalitarisme et de sa libération. Universitaire, grand historien, il avait été pendant toute cette période le plus proche conseiller de Lech Walesa à la tête de Solidarnosc. Il avait mis toutes les ressources de son esprit, qui était grand, et de son caractère, qui était ferme, pour lutter pour un peuple debout". Rappelant qu'il fut ministre des Affaires étrangères, François Bayrou a estimé que Bronislaw Geremek a "réalisé en diplomatie son amour de l'histoire". "Nous avions voulu en faire il y a cinq ans le président du premier Parlement de l'Europe réunifiée. La bêtise du bipartisme droite-gauche a empêché cette candidature d'arriver à son terme même si elle a obtenu plus de 200 voix de parlementaires européens", a-t-il regretté. "Bronek était un grand homme par l'esprit, le militantisme, la dimension des combats. Il était généreux, cultivé, drôle et admirable francophone",a ajouté François Bayrou à propos de celui qui avait été présent à plusieurs manifestations du MoDem.

François Bayrou a salué mercredi soir, après l'annonce de la libération de l'otage franco-colombienne Ingrid Betancourt, "une incroyable aurore après une si longue nuit. En cet instant de libération, je pense aux enfants et aux proches d'Ingrid Betancourt. C'est pour eux, si cette nouvelle est confirmée, la fin d'un calvaire, une incroyable aurore après une si longue nuit. Cela va rendre des millions de personnes heureuses, en tout cas en France, tant Ingrid Betancourt avait pris le visage du martyr innocent, victime de forces sans pitié. Il faut en même temps remercier ceux qui ont pris la responsabilité et le risque de l'opération qui a libéré ces otages. Ce n'était pas une décision facile à prendre et la détermination du gouvernement colombien doit être saluée."

Comme il l'avait annoncé, François Bayrou a décidé de consulter les adhérents sur « l'orientation politique du Mouvement Démocrate ». Il déposera une contribution à cet effet. Conformément au règlement intérieur, le Bureau exécutif a décidé que le vote aurait lieu par correspondance, avant le 10 juillet prochain. Vous recevrez un courrier ces jours-ci.

Téléchargez ici la contribution proposée par François Bayrou

 

François Bayrou nous confie son sentiment suite au résultat du référendum irlandais pour lequel le "non" l'a emporté. Il nous explique que le rôle de l'Europe est de protéger nos valeurs et non de les menacer et que si ce message devient enfin compréhensible, alors les peuples pourront adhérer à l'idéal européen au lieu de le rejeter. C'est pourquoi, il préconise qu'au lieu d'ignorer les questions des peuples, les responsables des pays européens les regardent en face et y répondent.

 

François Bayrou s'est exprimé en clôture du Congrès de Cap 21 dimanche 15 juin à Nanterre. Il est revenu sur le sujet européen et le "non" au référendum des irlandais. "on ne peut pas continuer à faire l'Europe sans les peuples". En revenant sur les trois craintes des citoyens en matière d'Europe: identité, démocratie et valeur, il nous explique que tant que les citoyens auront peur qu'on leur enlève ces trois valeurs essentielles, ils voteront "non" à la construction de l'Europe. "L'Europe doit être faite pour protéger les identités, pour donner du pouvoir aux citoyens et pour porter un modèle de société". Il aborde aussi la question de l'énergie: "nous avons dilapidé l'héritage de la nature et nous avons désormais, non seulement un problème écologique, mais aussi un problème économique à résoudre".

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